Que faire à Tenerife en une semaine : itinéraire et astuces

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Que faire à Tenerife en une semaine : itinéraire complet et astuces de voyageur

Il y a quelques années, quand un ami m’a dit qu’il partait à Tenerife, j’ai eu le réflexe de beaucoup de Français : « Ah, pour bronzer à Playa de las Américas ? » Il m’a regardé avec un sourire en coin. Deux semaines plus tard, il revenait avec des photos de forêts primaires couvertes de brume, d’un volcan enneigé dominant les nuages et de villages suspendus au bord des falaises. Je me suis dit que j’avais complètement raté quelque chose. Alors j’y suis allé. Et puis j’y suis retourné. Et voilà que j’écris cet article pour que vous ne fassiez pas la même erreur que moi — celle de sous-estimer radicalement cette île.

Tenerife n’est pas une île, c’est un continent miniature. En une heure de voiture, vous pouvez passer d’une plage de sable noir volcanique sous un soleil de plomb à une forêt laurisilve digne de la préhistoire, enveloppée dans les nuages. Vous pouvez déjeuner face à l’océan Atlantique et dîner à 2 000 mètres d’altitude, les pieds au chaud dans un refuge de montagne. La plus grande des îles Canaries concentre des paysages d’une diversité stupéfiante : le nord vert et humide, le sud aride et lunaire, le massif central dominé par le Teide à 3 718 mètres — le plus haut sommet d’Espagne et l’un des plus grands volcans du monde.

Cet itinéraire de sept jours est le résultat de plusieurs voyages, de quelques erreurs d’aiguillage et de beaucoup de discussions avec des locaux. Il ne s’agit pas de tout faire — c’est impossible en une semaine — mais de voir l’essentiel, de comprendre l’île dans sa profondeur et de repartir avec l’envie de revenir. Ce qui, croyez-moi, arrivera.


Itinéraire jour par jour : 7 jours à Tenerife

Jour 1 — Arrivée et découverte de Santa Cruz de Tenerife

La plupart des voyageurs atterrissent à l’aéroport Reina Sofía, dans le sud de l’île, et filent directement vers les hôtels de la costa. C’est compréhensible, mais c’est passer à côté d’une ville qui mérite vraiment une journée. Je vous conseille de louer votre voiture dès l’arrivée — j’y reviendrai dans la section transports — et de monter vers Santa Cruz, la capitale, qui se trouve à une quarantaine de minutes au nord.

Santa Cruz de Tenerife est une ville portuaire vivante, animée, avec une identité très marquée. Elle est connue pour avoir l’un des plus grands carnavals du monde (après Rio, selon certains), mais elle mérite d’être visitée toute l’année. Commencez par l’Auditorium de Tenerife, l’œuvre de l’architecte Santiago Calatrava. Cette structure blanche aux formes organiques, posée au bord de l’eau, est proprement hallucinante. Même si vous n’avez pas de billet pour un spectacle — et les billets se vendent vite —, il suffit de marcher autour pour comprendre pourquoi c’est devenu l’emblème architectural de l’île. La vue depuis la promenade côtière, en fin de journée, avec la lumière dorée qui frappe la coque blanche de l’auditorium, est l’une des plus belles que j’aie vues dans une ville espagnole.

Descendez ensuite vers le Mercado de Nuestra Señora de África. Ce marché couvert à l’architecture néomauresque est l’endroit parfait pour prendre le pouls de la ville. On y trouve de tout : des poissons pêchés le matin même, des fromages locaux au lait de chèvre, des légumes que vous ne connaissez peut-être pas encore (le gofio, la papaye des Canaries, la patate douce locale), des étals de fleurs tropicales. C’est bruyant, coloré, parfumé. Et très abordable. Prenez le temps de vous promener sans rien acheter d’abord, pour comprendre la géographie du lieu, puis repassez acheter ce qui vous a tapé dans l’œil.

L’après-midi, flânez sur la Rambla del General Franco — rebaptisée officiellement mais que tout le monde appelle encore « la Rambla ». Ce boulevard planté de palmiers et de ficus centenaires est bordé de cafés, de librairies et de galeries. C’est là que la ville vit vraiment, que les familles se retrouvent le soir, que les vieux jouent aux dominos sous les arbres. Prenez un verre à une terrasse, commandez un barraquito — le café local mélangé à du lait concentré, de la liqueur de café et une touche de cannelle — et regardez la ville défiler. Vous êtes officiellement en vacances.

Pour dîner, restez dans le centre. Les restaurants autour de la Plaza de la Candelaria ou dans les ruelles qui montent vers le Parque García Sanabria servent une cuisine locale très honnête pour des prix très raisonnables. Attendez-vous à payer entre 10 et 18 euros pour un repas complet avec boisson.

Jour 2 — Le Parc National du Teide : le toit de l’Espagne

Réveil tôt. Très tôt. Ce jour-là, je me suis levé à 5h30 du matin, et je ne l’ai pas regretté une seule seconde. Le Teide est le point culminant non seulement des Canaries mais de toute l’Espagne : 3 718 mètres d’altitude, un stratovolcan actif (le dernier épisode éruptif remonte à 1909), et un paysage qui vous donne l’impression d’avoir atterri sur une autre planète. Le parc national qui l’entoure est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et est le parc le plus visité d’Espagne.

La montée en voiture depuis Santa Cruz passe par des pinèdes, des coulées de lave noire figée, des formations rocheuses aux couleurs impossibles — ocre, rouge brique, jaune soufre. Arrivé au niveau de la caldera (la caldeira effondrée du vieux volcan), vous entrez dans un territoire lunaire d’une beauté presque agressive. Les formations de Los Roques de García, ces blocs de pierre verticaux qui surgissent du sol comme des doigts, méritent à elles seules le déplacement.

Pour monter au sommet via le téléphérique (Teleférico del Teide), la réservation est absolument obligatoire. Ne tentez pas le coup sans réserver à l’avance, même en basse saison : les places partent très vite et vous seriez renvoyé chez vous. Le site de réservation officiel est teide.es. Comptez environ 26 euros par personne pour l’aller-retour en câble car. Le téléphérique vous dépose à 3 555 mètres, d’où vous avez une vue à 360 degrés sur l’ensemble de l’archipel par temps clair — on aperçoit parfois Gran Canaria, La Palma et La Gomera en même temps. Pour monter jusqu’au cratère sommital (les derniers 163 mètres), il faut en plus un permis gratuit mais lui aussi à réserver sur le même site, et le nombre de visiteurs est très strictement limité.

Attention aux effets de l’altitude : mal de tête, essoufflement, vertiges sont courants à cette hauteur. Montez lentement, buvez de l’eau régulièrement, et ne négligez pas un coupe-vent même en été — la température au sommet est souvent inférieure de 15 degrés à celle en bas.

Passez l’après-midi à explorer la caldeira à pied. Plusieurs sentiers balisés permettent de faire le tour des Roques de García ou de longer d’anciennes coulées de lave. Le sentier n°3 (Roques de García) est court (environ 3,5 km), facile et spectaculaire. Si vous avez les jambes et l’envie, le sentier n°7 part depuis Montaña Blanca et monte vers le refuge Altavista — une randonnée beaucoup plus engagée, à réserver aux marcheurs expérimentés.

Ne repartez pas trop vite. Le coucher de soleil depuis le parc, quand la lumière rasante teinte en rouge les coulées de lave et que l’ombre du Teide s’étire sur l’océan, est un moment que vous n’oublierez jamais. Et si vous restez jusqu’à la nuit tombée — il n’y a quasiment aucune pollution lumineuse —, la voûte étoilée est à couper le souffle. Le parc national du Teide est d’ailleurs l’un des meilleurs endroits d’Europe pour l’observation astronomique.

Jour 3 — Nord de l’île : La Orotava, Puerto de la Cruz et le jardin botanique

Le nord de Tenerife, c’est une autre île dans l’île. Les nuages qui viennent de l’Atlantique se bloquent contre le massif du Teide et arrosent généreusement le versant nord, créant un paysage de végétation luxuriante, de bananiers, de jardins en terrasses et de petites villes coloniales qui ont gardé leur cachet du XVIe siècle. La route de montagne qui longe la côte nord est l’une des plus belles de l’archipel.

Commencez par La Orotava, juste au-dessus de Puerto de la Cruz. Cette ville est un bijou d’architecture coloniale espagnole que le tourisme de masse a largement ignoré, et c’est tant mieux. Les maisons à balcons de bois sculpté (les typiques « balcones canarios »), les palais baroques, les jardins en terrasses plantés de fleurs tropicales et les ruelles pavées en basalte noir forment un ensemble cohérent d’une rare élégance. La Casa de los Balcones est la visite incontournable — cette maison de marchand du XVIIe siècle abrite à la fois un musée d’artisanat local et des ateliers où vous pouvez voir les broderies et les dentelles traditionnelles être confectionnées à la main. Ne manquez pas non plus le jardin de la Victoria, qui domine la ville et offre une vue magnifique sur la Valle de la Orotava, les bananiers qui descendent vers la mer et, au loin, le cône parfait du Teide.

Descendez ensuite à Puerto de la Cruz, la plus ancienne station balnéaire des Canaries. La ville a su garder son âme malgré le tourisme : le quartier historique autour de la Plaza del Charco et du port de pêche est très plaisant, les restaurants de fruits de mer sont excellents et les Tinerfeños eux-mêmes viennent y passer le week-end. Les piscines naturelles de la Playa de Martínez, conçues par le célèbre artiste-architecte local César Manrique, sont une halte idéale pour une baignade en milieu de journée.

Faites un détour par le Jardin Botanique de Puerto de la Cruz (Jardín de Aclimatación de La Orotava), l’un des plus anciens d’Espagne, fondé en 1788 par Charles III pour acclimater les plantes tropicales avant leur introduction en péninsule. Le figuier géant qui trône en son centre — ses racines aériennes ont créé un labyrinthe végétal à elles seules — est un spectacle à lui seul. Entrée très abordable, ambiance calme, parfait pour une pause d’une heure entre deux visites.

Si vous voyagez avec des enfants, ou si la question des grands mammifères marins en captivité ne vous pose pas de problème, le Loro Parque est l’attraction la plus connue de Puerto de la Cruz. Ce parc zoologique et aquatique, créé en 1972, est l’un des plus réputés d’Europe pour la diversité de ses espèces : perroquets (plus de 300 espèces), gorilles, tigres, manchots, requins, et les très controversées orques. Sur ce dernier point, je me dois d’être honnête : la présence d’orques en captivité fait l’objet d’un débat éthique sérieux et croissant, renforcé par des documentaires comme Blackfish. La direction du Loro Parque défend le rôle éducatif et conservatoire du parc, mais beaucoup d’associations de protection animale appellent au boycott. Je vous laisse forger votre propre opinion, mais il me semblait important de mentionner ce débat plutôt que de l’esquiver. Comptez 38 à 45 euros pour l’entrée adulte selon la saison.

Jour 4 — Le Parc Rural d’Anaga : randonnée dans la forêt primaire

Anaga est le secret le mieux gardé de Tenerife. Situé à l’extrémité nord-est de l’île, ce massif montagneux couvert d’une forêt laurisilve millénaire est une réserve de biosphère de l’UNESCO et l’un des espaces naturels les plus précieux d’Europe. La forêt laurisilve est une relique de la végétation qui couvrait le pourtour méditerranéen et une grande partie de l’Europe il y a des millions d’années, avant les grandes glaciations. Elle a survécu aux Canaries grâce au climat unique de l’archipel. Marcher dans cette forêt, c’est littéralement marcher dans la préhistoire botanique.

Prenez la route depuis Santa Cruz et montez vers le Cruz del Carmen, le point de départ de la plupart des randonnées du parc. Le centre de visiteurs qui s’y trouve permet de récupérer des cartes et des informations sur les sentiers. La végétation change radicalement dès que vous entrez sous le couvert forestier : les lauriers, les bruyères arborescentes, les fougères géantes et les mousses créent une atmosphère entre la cathédrale gothique et le décor d’un film fantastique. Les branches sont chargées de lichens barbus, la lumière filtre en rayons obliques à travers la canopée, et un silence épais s’installe. On parle ici de vieux arbres de plusieurs centaines d’années, de troncs noueux de deux mètres de diamètre. C’est impressionnant.

La randonnée que je recommande pour une première fois va de Cruz del Carmen jusqu’au village de Taganana, en passant par les crêtes du parc. Elle dure environ 4 à 5 heures selon votre rythme et le temps que vous passez à vous arrêter (et vous vous arrêterez souvent). Les panoramas sur les deux côtes de l’île depuis les crêtes sont exceptionnels, et la descente sur Taganana — un village encore habité, accroché aux pentes comme une huître à son rocher — est un moment hors du temps. Taganana est l’un des premiers villages fondés par les Espagnols à Tenerife, au XVIe siècle, et son église conserve des œuvres d’art flamandes de cette époque.

Depuis Taganana, il faut descendre encore quelques kilomètres jusqu’à la Playa de Benijo, l’une des plus belles plages sauvages de l’île. Sable noir volcanique, rochers sculptés par les vagues, falaises qui tombent directement dans l’océan — le décor est d’une beauté presque violente. La plage est souvent agitée (prudence pour la baignade), mais c’est un endroit parfait pour déjeuner au bord de l’eau. Il y a un petit bar-restaurant qui sert des sandwichs et des bocadillos pour pas cher. Mangez là, les pieds dans le sable, avec les falaises d’Anaga dans le dos. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs de l’île.

Pour le retour, soit vous prenez le bus TITSA qui remonte vers Santa Cruz (lent mais fonctionnel), soit vous avez laissé votre voiture à Cruz del Carmen et vous organisez la logistique avec un taxi ou un autre véhicule depuis Taganana. La deuxième option demande un peu de coordination mais reste la plus pratique.

Jour 5 — Ouest sauvage : Los Gigantes, Masca et les piscines de Garachico

Ce cinquième jour est le plus physiquement engagé de l’itinéraire. Prévoyez des chaussures de randonnée sérieuses, suffisamment d’eau (au moins 2 litres par personne), de la crème solaire et un petit en-cas. Vous en aurez besoin.

Partez tôt vers l’ouest de l’île et attaquez d’abord par Masca, ce village accroché au flanc d’une falaise dans le massif de Teno. La route qui y mène depuis Santiago del Teide est elle-même une attraction : des lacets vertigineux qui surplombent des gorges à couper le souffle, des panoramas sur la côte ouest, des cactus qui poussent dans les fissures du basalte. Masca est l’un des villages les plus photographiés des Canaries, et pour cause : ses maisons blanches accrochées à une arête rocheuse, avec l’océan en contrebas, forment une image qui semble sortie d’un conte.

La randonnée depuis Masca vers la mer (Barranco de Masca) est l’une des plus réputées de l’île. Elle descend pendant environ deux heures dans un canyon spectaculaire aux parois de 300 mètres, alternant entre passages rocheux, végétation dense et vues sur l’océan qui se rapproche peu à peu. La difficulté est réelle : le sentier est raide, parfois glissant, et la remontée (si vous ne prenez pas le bateau au retour) est éprouvante. Comptez 4 heures aller-retour en marchant bien. Certains opérateurs proposent de vous déposer en bateau à l’arrivée de la randonnée pour rejoindre Los Gigantes par la mer — c’est la meilleure option logistiquement, et la vue des falaises depuis l’eau est inoubliable.

Los Gigantes justement : les falaises. Ces parois volcaniques qui plongent verticalement dans l’Atlantique sur 600 mètres de hauteur sont l’une des images les plus spectaculaires de Tenerife. Depuis le port, des bateaux proposent toute la journée des excursions de 2 à 3 heures pour longer les falaises et observer les dauphins et les baleines qui fréquentent ces eaux. C’est le meilleur spot de l’île pour le whale watching — j’y reviens dans la section activités.

Si vous avez encore de l’énergie après Masca, faites un crochet par Garachico en rentrant. Ce village historique de la côte nord-ouest a été presque entièrement détruit par une éruption volcanique en 1706 — la lave a coulé jusqu’à la mer, remplissant l’ancien port et changeant définitivement la forme du littoral. Ce qui aurait pu être une catastrophe a créé, au fil des siècles, un paysage unique : les anciennes coulées de lave ont formé des bassins et des piscines naturelles creusés dans le rocher, en bord de mer. Ces piscines naturelles (les El Caletón) sont accessibles gratuitement et constituent l’un des plus beaux spots de baignade de l’île — l’eau y est calme, protégée des vagues, d’un bleu-vert translucide. Garachico lui-même est un village charmant, avec une place principale ombragée, plusieurs restaurants de poissons et l’ambiance paisible d’un endroit qui a survécu à l’histoire.

Jour 6 — Plages et farniente dans le sud

Après cinq jours bien remplis, le corps réclame du repos. Ce sixième jour est dédié aux plages, à la mer et au dolce far niente. Le sud de Tenerife concentre les meilleures plages de l’île, même si elles sont de nature très différente.

Commencez par la Playa de las Teresitas, juste au nord de Santa Cruz. C’est la seule grande plage de sable doré du nord-est de l’île, et ce sable n’est pas d’origine locale : il a été importé du Sahara dans les années 1970. Le résultat est une plage longue, large, protégée par une digue qui brise les vagues et rend la baignade tranquille. Les palmiers qui bordent l’arrière-plage, les petits bars à churros et à granizados (glaces pilées), les familles tinerfeñas en goguette le week-end — c’est une plage à l’ambiance très locale, bien loin des complexes touristiques. Un vrai bonheur.

Dans l’après-midi, descendez vers le sud pour la Playa del Duque, à Costa Adeje. Le contraste est saisissant : cette plage est l’une des plus chic de l’île, bordée de grands hôtels cinq étoiles et de restaurants gastronomiques. Le sable est fin, brun doré, l’eau est d’un bleu profond, et les transats sont bien alignés. C’est le Tenerife pour ceux qui ne veulent manquer de rien. On y croise des familles aisées, des couples en lune de miel, des seniors en séjour longue durée. L’ambiance est feutrée, élégante, tout à fait agréable pour une après-midi paresseuse.

Si vous voulez quelque chose de plus sauvage, la petite crique de Playa de Los Guios, non loin de Los Gigantes, mérite le détour : sable noir volcanique, eaux claires, peu de monde. Elle est un peu moins facile d’accès (quelques minutes de marche depuis le parking), ce qui la préserve des foules. Pour le dîner, restez dans la zone d’Adeje : la ville en hauteur, un peu à l’écart des complexes touristiques côtiers, a de bons restaurants locaux qui servent une cuisine canarienne authentique à des prix très raisonnables.

Jour 7 — San Cristóbal de La Laguna, marché et retour

Le dernier jour est souvent le plus mélancolique. On sait qu’on repart, et on essaie de mettre le maximum dans ces dernières heures. San Cristóbal de La Laguna, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999, est la réponse parfaite à cette mélancolie du dernier matin.

La Laguna est la deuxième ville de l’île et son ancienne capitale. Fondée en 1496 par les conquistadors espagnols, elle a servi de modèle urbain pour plusieurs villes d’Amérique latine — ses rues tracées à angle droit, sa plaza mayor, son réseau de couvents et d’églises sont le prototype de ce qu’on a ensuite reproduit à Mexico, Lima ou Bogotá. Aujourd’hui, c’est aussi une ville universitaire débordante de vie : des cafés branchés côtoient des boutiques d’antiquités et des épiceries fines, des étudiants débattent sur les places et des artistes occupent les anciens couvents reconvertis en galeries.

Promenez-vous dans le centre historique à pied : la Calle Obispo Rey Redondo est le cœur commerçant et architectural de la ville, bordée de palais coloniaux aux façades décorées de céramiques et de balcons de bois. La Cathédrale de La Laguna, en cours de longue restauration, est impressionnante même en chantier. L’église de La Concepción, avec son clocher à cinq étages, est l’une des plus anciennes des Canaries.

Si vous tombez sur un jour de marché (le dimanche matin est le plus animé), ne le ratez pas. Les marchés de La Laguna mêlent producteurs locaux (fromages, miel, gofio artisanal, fruits exotiques), artisans et vendeurs de vêtements vintage. C’est là que vous trouverez vos souvenirs les plus authentiques : une bonbonne de mojo casero, un sachet de gofio torréfié, une petite bouteille de rhum des Canaries (le fameux ron miel, rhum au miel, incontournable) ou un pot de confiture de papaye locale. Évitez les boutiques à touristes qui vendent les mêmes aimants et les mêmes t-shirts qu’à Playa de las Américas.

Avant de filer à l’aéroport, un dernier café. Un barraquito, bien sûr. Et puis vous rendrez la voiture de location en vous promettant de revenir.


Hébergement à Tenerife : où dormir selon votre budget

La question du logement à Tenerife est inséparable d’une autre question : dans quel nord ou quel sud voulez-vous baser votre séjour ? Les deux options ont leurs partisans, et votre choix va déterminer l’ambiance générale de vos vacances.

Baser dans le nord : authenticité et verdure

Le nord est plus vert, plus frais, plus touché par les nuages (surtout en altitude). On y trouve une atmosphère plus locale, moins touristique, des villages qui vivent selon leur propre rythme. Santa Cruz, Puerto de la Cruz et La Orotava sont de bonnes bases pour explorer le nord de l’île, Anaga et le Teide. Les hébergements y sont généralement moins chers qu’au sud, et les restaurants moins orientés vers un public international.

Budget (20 à 50 €/nuit) : auberges de jeunesse dans le centre de Santa Cruz ou Puerto de la Cruz, petites pensions familiales dans les villages de montagne, appartements en location chez l’habitant via les plateformes habituelles. La qualité est variable mais le rapport qualité-prix est souvent excellent.

Milieu de gamme (60 à 120 €/nuit) : boutique-hôtels dans les centres historiques (La Orotava et La Laguna ont des maisons coloniales reconverties en hôtels de charme absolument magnifiques), chambres d’hôtes avec vue sur la vallée, appartements de standing avec terrasse.

Prestige (150 € et plus) : quelques adresses haut de gamme existent à Puerto de la Cruz (notamment le Botanico & The Oriental Spa Garden, un classique), mais l’offre luxe est globalement moins importante qu’au sud.

Baser dans le sud : soleil garanti et infrastructure touristique

Le sud bénéficie de plus de 300 jours de soleil par an. Les zones de Costa Adeje, Los Cristianos et Playa de las Américas concentrent la majorité des complexes hôteliers et des infrastructures touristiques. C’est pratique si vous venez avant tout pour la plage et la détente, moins intéressant si vous voulez vivre quelque chose d’authentique. Pour le reste de cet itinéraire actif, le nord reste la meilleure base.

Budget (30 à 60 €/nuit) : appartements en complexes résidentiels avec piscine, pensions à Los Cristianos, studios en location directe. Attention : le bas de gamme dans les zones touristiques du sud peut être très décevant (bruit, état des équipements, propreté).

Milieu de gamme (80 à 160 €/nuit) : hôtels 3 et 4 étoiles en formule tout inclus ou demi-pension. C’est la norme dans cette zone. Certains complexes sont vraiment excellents, avec spa, piscines et animations.

Prestige (200 € et plus) : le sud concentre les plus grands hôtels 5 étoiles de l’île, notamment à Costa Adeje. Le Royal Hideaway Corales Beach, le Gran Hotel Bahía del Duque ou le Iberostar Selection Anthelia sont des références dans leur catégorie.


Gastronomie canarienne : ce qu’il faut absolument manger à Tenerife

La cuisine des Canaries est souvent sous-estimée. Elle n’a pas la célébrité de la cuisine basque ou catalane, mais elle a une identité très forte, façonnée par des influences africaines (les Guanches, le peuple autochtone), espagnoles et latino-américaines. Voici les plats et boissons que je vous interdis de rater.

Les papas arrugadas et le mojo : le duo indissociable

Si vous ne deviez retenir qu’un seul plat, ce serait celui-là. Les papas arrugadas sont de petites pommes de terre à la peau ridée (d’où leur nom : « ridées »), cuites dans une très grande quantité de sel qui crée une croûte blanche caractéristique sur la peau. La chair à l’intérieur est fondante, crémeuse, avec un léger goût salé. En soi, c’est déjà très bon. Mais l’essentiel, c’est ce qui va avec : le mojo. Il en existe deux variantes. Le mojo rojo, à base de poivrons rouges séchés, d’ail, de cumin et de vinaigre — relevé, parfumé, légèrement piquant. Le mojo verde, à base de coriandre ou de persil, d’ail et d’huile d’olive — frais, herbacé, irrésistible. On trempe les pommes de terre dedans, on recommence, et on en commande d’autres. Ce plat est servi en entrée dans tous les restaurants locaux, souvent pour 3 à 5 euros. Si vous rentrez de Tenerife sans avoir mangé ça au moins trois fois, quelque chose s’est mal passé.

Le gofio : l’aliment de base des Canaries depuis des millénaires

Le gofio est une farine de céréales torréfiées (blé, maïs ou orge, selon les recettes) utilisée depuis l’époque des Guanches. C’est l’aliment de base traditionnel de l’archipel, consommé sous mille formes : délayé dans du lait au petit déjeuner, incorporé dans des sauces (l’escaldón de gofio, mélangé au bouillon de poisson, est excellent), roulé en boule sucrée pour le dessert, ou simplement saupoudré sur les plats. Il a une saveur de noisette grillée très particulière, une texture dense et nourrissante. C’est un aliment très ancré culturellement — les Canariens en sont fiers à juste titre — et vous en trouverez dans toutes les épiceries locales pour l’emporter chez vous.

Les poissons et fruits de mer : fraîcheur garantie

Entouré par l’Atlantique, Tenerife dispose d’une pêche locale abondante et variée. Le cherne (mérou des Canaries) est la star des tables locales : un poisson à la chair blanche, ferme et savoureuse, servi grillé ou à la plancha avec un filet de mojo verde. Les vieja (perroquet des Canaries), les chipirones (encornets) et les lapas (patelles grillées avec du beurre et du citron) sont d’autres incontournables. Méfiez-vous des restaurants des zones touristiques qui proposent du poisson décongelé à prix d’or — dans les ports de pêche (Playa San Juan, Puerto de la Cruz, Playa de Los Guios), vous trouverez systématiquement de la pêche du jour à des prix bien plus honnêtes.

Le barraquito : le café des Canaries

Le barraquito est une œuvre d’art liquide à sept couches. Dans un verre transparent, on verse dans l’ordre : du lait concentré sucré, de la liqueur de café (Kahlúa ou Tía María), un espresso, du lait chaud moussé, et on finit avec de la cannelle en poudre et un zeste de citron. Les couches restent distinctes si le barista est habile, ce qui donne au verre un aspect presque artistique. Le goût est riche, légèrement sucré, très parfumé. On en boit généralement le matin au comptoir d’un bar local, debout, en dix minutes, pour un euro et demi. C’est le rituel matinal que je préfère à Tenerife, bien devant n’importe quel buffet d’hôtel.

Les vins de Tacoronte-Acentejo

On ne le sait pas assez, mais les Canaries produisent des vins de très bonne qualité, et Tenerife est la plus vineuse des îles. La Denomination of Origin Tacoronte-Acentejo, dans le nord de l’île, est la plus reconnue — c’est le seul DO de l’île vraiment installé sur la scène internationale, même si les autres appellations (Ycoden-Daute-Isora, Valle de la Orotava, Valle de Güímar, Abona) progressent rapidement. Les rouges de Tacoronte, à base du cépage listán negro, sont fruités, légèrement épicés, avec une acidité fraîche très agréable. Les blancs, à base de listán blanco, sont secs, floraux et très bien adaptés aux poissons et aux fruits de mer. Je vous recommande de visiter une bodega du nord — beaucoup proposent des visites et des dégustations à moins de 10 euros. C’est une façon très agréable de comprendre un peu de terroir local tout en buvant très bien.


Comment se déplacer à Tenerife

La voiture de location : la meilleure option, sans hésitation

Tenerife se visite en voiture. C’est la conclusion à laquelle arrivent tous les voyageurs qui ont essayé autrement. L’île est petite (environ 2 034 km²), les routes sont bien entretenues, le réseau d’autopistas (autoroutes gratuites) est excellent, et surtout les endroits les plus beaux sont inaccessibles sans véhicule : Anaga, Masca, les routes du nord, les villages de montagne. La location revient à environ 20 à 40 euros par jour selon la saison, la compagnie et le type de véhicule. Les grandes agences internationales (Hertz, Europcar, Sixt) sont présentes aux deux aéroports, mais les compagnies locales (Cicar, en particulier, est très bien notée) offrent souvent de meilleures tarifs. Réservez à l’avance en haute saison. Assurez-vous que votre assurance carte bancaire couvre bien les dommages collision — si ce n’est pas le cas, prenez l’assurance complète proposée par le loueur.

La conduite est à droite, comme en France. La signalisation routière est conforme aux normes européennes. Le seul vrai défi est la conduite sur les routes de montagne, étroites et sinueuses (notamment vers Masca et dans Anaga) — pas de panique, il suffit d’être prudent et de ne pas avoir peur des virages en épingle.

Le bus TITSA : économique mais chronophage

Le réseau de bus interurbains TITSA couvre l’ensemble de l’île de manière assez complète. Les tarifs sont très abordables — moins de 2 euros pour la plupart des trajets locaux, autour de 6 à 8 euros pour les longues distances — et les bus sont généralement confortables et ponctuel. Il est possible de faire une grande partie de cet itinéraire en bus. Le problème, c’est le temps. Les fréquences sont faibles sur de nombreuses lignes (un bus toutes les heures, parfois moins), les correspondances ne sont pas toujours bien synchronisées, et atteindre certaines zones comme Anaga ou Masca en transports en commun demande une organisation et une patience considérables. Pour un voyageur avec une semaine, le bus peut être un complément utile (Santa Cruz-La Laguna par le tramway, par exemple), mais ne peut pas remplacer la voiture comme mode de déplacement principal.

Les taxis et VTC

Les taxis sont nombreux, identifiables à leur couleur blanche avec un bandeau vert et noir. Ils sont meilleur marché qu’en France pour les courtes distances, mais les longues courses (aéroport-Puerto de la Cruz, par exemple) peuvent rapidement atteindre 50 à 80 euros. Pour les navettes depuis les aéroports ou les sorties de soirée, c’est pratique. Uber n’est pas disponible à Tenerife, mais d’autres VTC opèrent sur l’île — vérifiez les applications disponibles au moment de votre voyage.


Activités incontournables à ne pas manquer

Whale watching : baleines et dauphins en liberté

Le détroit de Tenerife, entre l’île et La Gomera, est l’un des rares endroits au monde où des cétacés — principalement des grands dauphins communs et des cachalots, mais aussi des globicéphales et parfois des baleines bleues ou à bosse — sont présents toute l’année. Le whale watching depuis Los Gigantes ou Los Cristianos est l’une des meilleures activités de l’île. Les sorties durent généralement 2 à 3 heures, s’effectuent sur des catamarans ou des bateaux pneumatiques rapides, et coûtent entre 30 et 50 euros par adulte selon l’opérateur et le type de bateau. Préférez les opérateurs qui respectent la charte de bonne conduite locale (distance réglementaire avec les animaux, nombre limité de bateaux simultanés). Les baleines ne sont évidemment pas garanties — c’est la nature — mais le taux d’observation est très élevé (plus de 90% selon la saison).

Surf et bodyboard

Tenerife est une destination réputée parmi les surfeurs européens, notamment grâce à ses vagues régulières sur la côte nord. La Playa de Martiánez à Puerto de la Cruz, El Médano dans le sud-est (surtout pour le kitesurf et le windsurf) et plusieurs spots moins connus dans Anaga attirent des sportifs de tous niveaux. Les écoles de surf sont nombreuses et proposent des cours pour débutants à partir de 35 à 50 euros la session. Les locations de planches et de combinaisons sont également disponibles sur les principales plages de surf. Même si vous n’avez jamais surfé, c’est le bon endroit pour essayer — les instructeurs locaux sont patients et les vagues des spots débutants sont bien choisies.

Randonnées balisées

Au-delà du Teide et d’Anaga déjà mentionnés, Tenerife dispose d’un réseau de sentiers balisés (Senderos GR et PR) qui couvrent l’ensemble de l’île. Le GR 131, qui traverse l’île du nord au sud via le sommet du Teide, est l’un des itinéraires de grande randonnée les plus impressionnants des Canaries. Pour les journées plus courtes, les Sentiers de Candelaria-Arafo dans le massif de Güímar, les boucles du Barranco del Infierno près d’Adeje (sentier payant, 8 euros, à réserver à l’avance) et les circuits autour de Los Realejos offrent de belles options pour tous les niveaux.


Pièges à éviter : les erreurs du voyageur non averti

Le piège de Playa de las Américas

Playa de las Américas est l’emblème de tout ce que Tenerife a produit de moins inspiré : une zone hôtelière dense, bruyante, construite dans les années 1980 et 1990 sans grande cohérence architecturale, saturée de restaurants à menus touristiques (fish and chips, pizza, sangria), de bars à musique forte et de vendeurs ambulants. Ce n’est pas dangereux, et certains y passent d’excellentes vacances de plage classiques. Mais si vous lisez cet article, c’est que vous cherchez autre chose que ça. Évitez-la comme base de séjour, ou limitez votre passage à la plage (qui est, il faut être honnête, plutôt correcte) sans trop vous aventurer dans l’arrière-pays commercial.

Les excursions à la sauvette

Sur les promenades de Las Américas et Los Cristianos, des démarcheurs vous proposeront des excursions à des prix apparemment attractifs. Méfiez-vous. Les bateaux de whale watching peu scrupuleux approchent les animaux de trop près (stress pour les cétacés et contravention pour vous si contrôlés). Certaines « randonnées guidées » à Masca sont conduites par des personnes sans formation adéquate. Et les « transferts » proposés à l’aéroport peuvent être beaucoup moins intéressants que ce qu’ils semblent. Réservez vos excursions via des opérateurs reconnus, avec des avis vérifiés, même si c’est légèrement plus cher.

Négliger les réservations obligatoires

Le câble car du Teide sans réservation, c’est le retour bredouille assuré. Le sentier du Barranco del Infierno sans ticket en ligne, idem. Le Loro Parque en haute saison sans billet coacheté à l’avance peut représenter deux heures de file. Réservez en ligne, à l’avance, tout ce qui peut l’être. C’est une habitude à prendre à Tenerife.

Sous-estimer les distances et les temps de route

Tenerife est petite sur une carte, mais les routes de montagne prennent beaucoup plus de temps qu’on ne le pense. La distance entre Santa Cruz et Masca est d’environ 80 kilomètres — mais comptez 1h30 à 2h de route selon le trafic et les lacets. Ajoutez un GPS fiable et une marge de temps confortable dans votre planning pour ne pas rater un coucher de soleil ou une réservation de restaurant.


Budget estimé pour 7 jours à Tenerife par personne

Ces estimations sont basées sur un voyage en couple ou entre amis, avec partage des frais de voiture et d’hébergement. Elles excluent le billet d’avion, qui varie beaucoup selon la saison et le point de départ.

Poste de dépenseBudget serréConfortPrestige
Hébergement (7 nuits, par personne)140 – 250 €350 – 700 €900 – 1 800 €
Location de voiture (7 jours, partagée à 2)70 – 100 €100 – 160 €160 – 280 €
Carburant30 – 50 €50 – 70 €70 – 100 €
Repas (petits-déj inclus)120 – 180 €200 – 350 €400 – 700 €
Activités (Teide, whale watching, randonnées)60 – 90 €100 – 150 €150 – 300 €
Souvenirs et imprévus30 – 60 €60 – 120 €120 – 300 €
Total estimé450 – 730 €860 – 1 550 €1 800 – 3 480 €

En budget serré mais sans se priver, comptez donc autour de 500 à 650 euros par personne pour une semaine hors vol. Avec un peu de confort — un bon hôtel, quelques restaurants gastronomiques, les principales activités —, 1 000 à 1 200 euros est une fourchette raisonnable. Le vol aller-retour depuis la France métropolitaine varie entre 80 euros (Vueling, Ryanair, Transavia en promotion) et 350 euros en haute saison directe.


Quelle est la meilleure période pour visiter Tenerife ?

L’une des grandes forces de Tenerife, c’est que l’île se visite toute l’année. Grâce à sa position géographique (latitude sub-tropicale, influence de l’alizé atlantique) et à la diversité de ses microclimats, la température moyenne ne descend jamais en dessous de 18°C en hiver et ne dépasse que rarement les 30°C en été. Il n’y a pas de saison des pluies au sens strict — il peut pleuvoir n’importe quand, mais souvent par courtes averses, surtout dans le nord.

Pour les voyageurs français, l’hiver reste la période idéale. Entre décembre et mars, les températures sont douces (22 à 25°C sur la côte), l’île est beaucoup moins bondée qu’en été, les prix de l’hébergement sont plus bas (sauf autour de Noël et du Nouvel An), et le contraste avec la grisaille métropolitaine est saisissant. C’est aussi la meilleure période pour observer les baleines, car les eaux sont plus riches en nutriments.

L’été (juillet-août) est la haute saison touristique. L’île est prise d’assaut par les familles espagnoles et les voyageurs européens. Les prix montent, les plages sont bondées, les routes vers Masca et le Teide sont saturées. Ce n’est pas agréable si vous cherchez la tranquillité, mais les soirées estivales dans les villes sont très animées et festives.

Le printemps (avril-mai) et l’automne (octobre-novembre) offrent un excellent compromis : des températures idéales (23 à 27°C), moins de monde, des tarifs intermédiaires. C’est à mon avis le meilleur moment pour les randonneurs, car la végétation est verdoyante et les sentiers ne sont pas saturés.

Un point spécifique pour le Teide : en hiver, il peut y avoir de la neige au-dessus de 2 000 mètres, ce qui ferme parfois le câble car. Vérifiez les conditions météo et consultez le site teide.es avant de planifier votre journée au volcan.


FAQ — Vos questions les plus fréquentes sur Tenerife

Faut-il un visa pour aller à Tenerife ?

Non. Tenerife fait partie de l’Espagne, donc de l’Union Européenne et de l’espace Schengen. Les ressortissants français (et plus généralement européens) n’ont besoin que de leur carte d’identité ou de leur passeport en cours de validité. Pas de visa, pas de déclaration particulière. La monnaie est l’euro, les prises électriques sont standard européennes, et les cartes bancaires européennes fonctionnent partout.

Peut-on visiter Tenerife sans voiture de location ?

Techniquement oui, mais c’est se compliquer la vie pour un résultat nettement moins riche. Le réseau TITSA couvre bien les axes principaux, et le tramway entre Santa Cruz et La Laguna est pratique et rapide. Mais pour Masca, Anaga, Garachico, les bodegas du nord ou les villages reculés, la voiture est vraiment indispensable. Si vous ne souhaitez vraiment pas louer de voiture, concentrez votre séjour sur Santa Cruz, Puerto de la Cruz et La Laguna, et complétez avec des excursions organisées pour les sites plus isolés.

Le Teide est-il dangereux à visiter ?

Non, dans des conditions normales. Le Teide est un volcan actif, mais son activité actuelle est faible et constamment surveillée par des sismographes. Il est classé en niveau 1 (vert) d’alerte volcanique. La principale difficulté pour les visiteurs est l’altitude — les effets du mal des montagnes peuvent se manifester dès 2 500 mètres chez certaines personnes. Montez progressivement, hydratez-vous bien, et redescendez si vous ressentez des maux de tête importants, des nausées ou des vertiges persistants. Les personnes souffrant de problèmes cardiaques sérieux devraient éviter la montée en câble car ou consulter un médecin avant.

Parle-t-on français à Tenerife ?

Peu. L’espagnol est bien sûr la langue principale. Dans les zones touristiques (Las Américas, Los Cristianos, Puerto de la Cruz), l’anglais est très largement compris et parlé. Le français se rencontre dans les grands hôtels et certaines agences de voyage, mais ne comptez pas dessus dans les restaurants locaux ou les villages de l’intérieur. Apprenez quelques bases d’espagnol — Bonjour (Buenos días/Hola), Merci (Gracias), L’addition, s’il vous plaît (La cuenta, por favor) — et les locaux vous accueilleront avec chaleur. Les Canariens sont généralement très ouverts et aidants avec les voyageurs qui font un minimum d’effort.

Tenerife est-elle adaptée aux voyages en famille avec de jeunes enfants ?

Absolument, et c’est même l’une de ses grandes forces. Les plages du sud sont calmes et bien équipées, les infrastructures touristiques sont familiales, et les distances sont courtes. Le Loro Parque fait le bonheur des enfants (débat éthique mis à part). Le Teide les impressionne généralement beaucoup — un volcan géant qui dépasse les nuages, c’est magique à 8 ans. Les randonnées du parc rural d’Anaga sont à sélectionner soigneusement selon l’âge et la forme des enfants, mais la forêt laurisilve est souvent une vraie révélation pour les petits curieux. Côté restauration, la cuisine locale est accessible et peu épicée dans sa base.


Conclusion : Tenerife, l’île qui ne ressemble à aucune autre

Il y a quelque chose d’un peu injuste dans la réputation de Tenerife. Pendant des décennies, l’île a été réduite à ses complexes hôteliers et à ses plages de béton, et beaucoup de voyageurs en sont repartis sans avoir vu l’essentiel — sans avoir compris que derrière la façade balnéaire se cache une île d’une profondeur géographique et culturelle rare.

En sept jours, vous pouvez avoir marché dans une forêt préhistorique, regardé un coucher de soleil depuis le toit de l’Espagne, nagé dans une piscine naturelle creusée dans la lave refroidie, observé des dauphins sauvages dans l’Atlantique, goûté un café à sept couches dans un bar de Santa Cruz, et acheté vos souvenirs à un marché tenu par des producteurs locaux. C’est un voyage complet, équilibré, qui combine nature, culture, gastronomie et farniente dans une proportion presque parfaite.

La seule vraie mise en garde que je peux vous adresser : prévoyez votre prochain voyage dès le premier. Car Tenerife ne se visite pas une seule fois. Il y a toujours un sentier qu’on n’a pas pris, un village qu’on a traversé trop vite, une bodega qu’on s’était promis de visiter. L’île se révèle par couches, comme ses volcans — lentement, puissamment, et durablement.

Buen viaje.

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