Est-ce qu’il y a des requins à Zanzibar ? Tout ce que vous devez savoir

Vous avez réservé votre voyage à Zanzibar, vous imaginez déjà vous glisser dans ces eaux turquoise… et puis quelqu’un vous pose LA question : « Mais il y a des requins là-bas, non ? » En une fraction de seconde, les images de films d’horreur s’invitent dans votre esprit. Respirez. Je suis allée nager à Nungwi, à Paje, j’ai fait du snorkeling à l’atoll de Mnemba, et je suis rentrée avec des souvenirs plein la tête — aucun impliquant une rencontre traumatisante avec un squale. Dans cet article, je vous explique tout ce que vous devez réellement savoir sur les requins à Zanzibar : les espèces présentes, l’historique des incidents, les plages les plus sûres, et même comment organiser une rencontre encadrée avec ces animaux fascinants. Spoiler : Zanzibar est l’une des destinations balnéaires les plus sûres au monde.

Sommaire :

Les espèces de requins présentes à Zanzibar

L’archipel de Zanzibar se trouve dans l’océan Indien occidental, un environnement marin riche en biodiversité. Plusieurs espèces de requins y sont effectivement recensées, mais leur comportement, leur habitat et leur niveau de dangerosité pour les nageurs varient considérablement.

Le requin-baleine (Rhincodon typus)

C’est le plus grand poisson du monde — il peut atteindre 12 à 18 mètres de long — et paradoxalement l’un des plus inoffensifs. Le requin-baleine se nourrit exclusivement de plancton filtré et n’a aucun intérêt pour les nageurs. Il est présent dans les eaux de l’archipel de Zanzibar, et plus particulièrement autour de Mafia Island, entre octobre et mars. Des sorties encadrées permettent de nager à ses côtés. Une expérience absolument inoubliable.

Le requin pointe-blanche du récif (Triaenodon obesus)

C’est l’espèce que vous êtes le plus susceptible de croiser lors d’une session de snorkeling ou de plongée à Zanzibar, notamment autour de l’atoll de Mnemba. Ce requin de taille modeste — entre 1,40 et 2,10 mètres — est inféodé aux récifs coralliens peu profonds. Il est curieux mais extrêmement peu agressif envers les humains. Les plongeurs qui fréquentent régulièrement ces sites vous diront qu’il est presque rassurant de le voir patrouiller tranquillement entre les coraux.

Le requin citron (Negaprion brevirostris)

Espèce côtière qui affectionne les eaux peu profondes et les mangroves. À Zanzibar, il est présent mais peu fréquent dans les zones de baignade touristiques. Dans des conditions normales de baignade, il ne représente pas de danger significatif.

Le requin tigre (Galeocerdo cuvier)

Grand prédateur pouvant atteindre 5 mètres, il fréquente généralement les eaux profondes au large et remonte vers le littoral de façon occasionnelle. Il est directement lié aux incidents de 2010-2011 que nous analysons ci-dessous. Dans les conditions normales actuelles, les avistages près des plages de baignade sont extrêmement rares.

Le requin-marteau (Sphyrna spp.)

Observé très occasionnellement en pleine eau ou sur les tombants profonds, loin des zones de baignade. Rare et discret.

Tableau récapitulatif des espèces

EspèceTaille moyenneFréquence à ZanzibarHabitat principalDangerosité pour nageurs
Requin-baleine12–18 mSaisonnière (Mafia Island)Pleine eau, surfaceAucune (filtreur)
Requin pointe-blanche du récif1,4–2,1 mFréquent (récifs)Récifs coralliens peu profondsTrès faible
Requin citron2,5–3,4 mPeu fréquentZones côtières, mangrovesFaible
Requin tigre3,5–5 mRare (eaux profondes)Eaux profondes, nuitPotentiellement élevée (rare)
Requin-marteau3–6 mTrès rarePleine eau, tombantsFaible à modérée

Les incidents à Zanzibar : l’historique réel

Les attaques de 2010-2011 : que s’est-il réellement passé ?

Entre décembre 2010 et janvier 2011, une série d’attaques de requins s’est produite dans une zone relativement précise : la côte nord-est de Zanzibar, aux abords de la plage de Matemwe. En quelques semaines, plusieurs nageurs et touristes ont été blessés, dont un cas grave avec amputation. Ces incidents ont immédiatement fait la une des médias internationaux.

Les enquêtes menées à la suite de ces événements ont révélé un contexte particulier : la présence régulière de bateaux de croisière qui déversaient leurs déchets alimentaires en mer à proximité du rivage. Ce rejet de matières organiques a modifié le comportement alimentaire des requins-tigres, en les attirant vers des zones normalement peu fréquentées par les grands prédateurs. Des pratiques de pêche illégales dans la zone ont aggravé la situation.

Les autorités tanzaniennes ont réagi rapidement : interdiction des rejets de déchets en mer, renforcement des contrôles sur les bateaux de croisière, mise en place de surveillances renforcées et collaboration avec des biologistes marins. Depuis 2012, aucun incident majeur n’a été enregistré sur les plages de Zanzibar.

Les chiffres de l’ISAF pour relativiser

L’ISAF (International Shark Attack File), géré par le Florida Museum of Natural History, recense en moyenne entre 70 et 100 attaques de requins non provoquées par an dans le monde entier. Les décès restent rares : entre 4 et 10 par an en moyenne globale. En comparaison, les noyades causent plus de 360 000 morts par an dans le monde (OMS). Les piqûres de méduses, les chutes sur la plage ou les insolations représentent des risques statistiquement bien plus significatifs pour un touriste balnéaire. Sur les 10-15 dernières années, Zanzibar n’apparaît quasiment plus dans les rapports annuels de l’ISAF.

Où se baigner en toute sécurité à Zanzibar

Nungwi et Kendwa : les plages les plus sûres de l’île

Situées à la pointe nord de l’île de Unguja, Nungwi et Kendwa sont les plages les plus populaires auprès des touristes. Leur particularité : le récif corallien qui les borde agit comme une barrière naturelle. Contrairement à la plupart des autres plages de l’île, la baignade y est possible à toute heure, quelle que soit la marée. L’eau est peu profonde, claire et calme. J’y ai passé plusieurs après-midis entières à nager et snorkeler sans jamais ressentir la moindre inquiétude. Kendwa bénéficie de couchers de soleil sur la mer — une rareté sur l’île.

Paje : le paradis des familles et des kitesurfeurs

Paje se trouve sur la côte est. Son lagon — plat, peu profond, protégé par un récif barrière bien marqué — en fait l’une des destinations les plus sûres pour les familles avec enfants. Le récif barrière empêche les grands prédateurs d’entrer. Paje est aussi la capitale zanzibarienne du kitesurf : vents réguliers et lagon plat, zones de pratique bien délimitées.

Zones à aborder avec plus de précaution

Matemwe (côte nord-est) est la zone historiquement associée aux incidents de 2010-2011. La situation s’est normalisée, mais il est conseillé d’éviter de nager à l’aube ou au crépuscule. Kizimkazi (au sud) est proche d’eaux plus profondes où des requins-tigres ont été observés — la baignade libre n’y est pas recommandée, mais les sorties en bateau encadrées pour voir les dauphins sont sans danger particulier.

Marées et courants : ce qu’il faut absolument savoir

Zanzibar est soumise à un régime de marées important, avec des amplitudes pouvant dépasser 3 mètres. À marée descendante, des courants forts peuvent se créer dans les passes de récifs. Renseignez-vous toujours sur les horaires des marées avant de vous mettre à l’eau, notamment sur la côte est (Paje, Jambiani, Matemwe). Les plages de Nungwi et Kendwa sont moins concernées par ce problème.

Plonger et snorkeler avec des requins à Zanzibar

Nager avec les requins-baleines à Mafia Island

Mafia Island fait partie de l’archipel tanzanien. De mi-octobre à mars, les requins-baleines se rassemblent dans ses eaux, attirés par la concentration de plancton. Des opérateurs PADI certifiés organisent des sorties quotidiennes pour nager (en surface, pas plonger) à leurs côtés, selon des protocoles stricts : distance minimale d’un mètre, pas de contact, approche calme. Comptez entre 100 et 150 € pour une sortie complète. Mafia Island est accessible par avion depuis Dar es Salaam (45 min). Depuis Zanzibar, il faut généralement transiter par Dar es Salaam.

Snorkeling à l’atoll de Mnemba

L’atoll de Mnemba, à environ 3 km au large de la côte nord-est, est classé réserve marine. C’est ici que vous aurez le plus de chances d’apercevoir des requins pointe-blanche du récif — inoffensifs, habitués à la présence des plongeurs. Des excursions en boutre au départ de Nungwi sont proposées pour environ 45 à 60 € par personne, équipement inclus. Choisissez un opérateur reconnu (One Ocean, Zanzibar Watersports, centres PADI de Nungwi).

Plongée sous-marine

Les sites autour de Mnemba Atoll et de Tumbatu Island permettent d’observer requins pointe-blanche, raies manta, raies léopard, tortues marines et requins-nourrices (nurse sharks) reposant paisiblement sur le fond sableux. Une plongée d’exploration pour certifiés tourne autour de 40 à 60 €. Un forfait Open Water (certification de base) est proposé aux alentours de 350 à 450 € pour 3-4 jours.

Précautions à prendre pour une baignade sans risque

  • Évitez de nager à l’aube et au crépuscule : les heures de faible luminosité correspondent à la période d’activité maximale des requins.
  • Tenez-vous éloigné des zones de pêche : appâts et poissons blessés peuvent attirer les requins.
  • Retirez vos bijoux brillants : les reflets métalliques peuvent ressembler à des écailles de poisson.
  • Ne vous baignez pas si vous saignez : le système olfactif des requins est extrêmement développé.
  • Respectez les signalétiques locales : elles reflètent une connaissance précise des conditions locales.
  • Nagez en groupe : les requins sont moins susceptibles d’approcher un groupe qu’un individu isolé.
  • Évitez les eaux turbides : après de fortes pluies, la visibilité réduite peut créer des situations imprévues.

Saisons et conditions : quand partir à Zanzibar ?

PériodeConditions baignadeVisibilité marineRecommandation
Juin – Octobre (grande saison sèche)ExcellentesTrès bonne (15–30 m)Idéale pour tout
Décembre – Février (petite saison sèche)Très bonnesBonne (10–20 m)Excellente période
Mars – Mai (grande mousson)DégradéesRéduite (3–10 m)Déconseillée
Novembre (petite mousson)PassablesMoyenne (8–15 m)Acceptable avec précautions

Zanzibar vs autres destinations : comparaison objective

L’Australie est la destination où les interactions entre requins et humains sont les plus fréquentes — grand requin blanc, requin tigre, requin bouledogue. Des filets anti-requins ont été installés sur de nombreuses plages. Cette réalité est sans commune mesure avec Zanzibar. L’Afrique du Sud (Shark Alley à Gansbaai) est mondialement connue pour sa densité en grands requins blancs — un contexte là encore totalement différent. La Réunion connaît depuis 2011 une crise requin grave liée au requin bouledogue, avec des interdictions de baignade sur la plupart des plages non lagonaires. Cette situation est absolument sans équivalent à Zanzibar.

Mis en regard de ces destinations, Zanzibar apparaît clairement comme l’une des destinations de baignade tropicale les plus sûres concernant le risque requin. L’épisode de 2010-2011 était une anomalie contextuelle corrigée. Les espèces présentes sont majoritairement inoffensives. Les plages les plus fréquentées bénéficient de protections naturelles.

Ce que disent les locaux et les guides de plongée

Ali Hassan, guide de plongée certifié PADI à Nungwi depuis plus de douze ans, résume bien la situation : « Les touristes arrivent souvent avec des peurs qui viennent des films. Moi je plonge ici presque tous les jours depuis des années. J’ai vu des requins pointe-blanche des dizaines de fois, ils s’en fichent complètement de nous. Le seul requin dont je parle avec précaution, c’est le tigre, et je ne l’ai personnellement observé qu’une fois en plein large, jamais près d’une plage de baignade. »

Fatuma Juma, propriétaire d’un hôtel à Paje depuis 2008 : « Je leur dis toujours la même chose : mes enfants ont grandi en se baignant dans ce lagon tous les jours. Si je pensais qu’il y avait un danger, est-ce que je les aurais laissé faire ? Paje est protégée par le récif. Il n’y a rien à craindre ici. »

Amina Rashid, guide naturaliste spécialisée en écotourisme marin : « Ce que peu de gens savent, c’est que la présence des récifs coralliens en bonne santé est en elle-même une protection. Un écosystème récifal sain fournit nourriture et habitat à de nombreuses espèces, ce qui signifie que les requins n’ont pas besoin de s’aventurer près des plages. Protéger les récifs, c’est aussi se protéger soi-même. »

FAQ : vos questions sur les requins à Zanzibar

Y a-t-il des requins blancs à Zanzibar ?

Non. Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) n’est pas présent dans les eaux de Zanzibar. Cette espèce préfère les eaux tempérées à fraîches, riches en mammifères marins. Vous ne risquez pas d’en croiser un en nageant à Nungwi ou à Paje.

Peut-on se baigner à Zanzibar avec des enfants sans craindre les requins ?

Absolument. Les plages de Nungwi, Kendwa et le lagon de Paje sont particulièrement adaptées aux familles avec enfants. Les conditions de baignade y sont douces, l’eau peu profonde et les risques liés aux requins quasi inexistants.

Y a-t-il eu des attaques de requins récentes à Zanzibar ?

Depuis les incidents de 2010-2011, aucune attaque significative n’a été recensée dans les zones touristiques de Zanzibar. Les bases de données de l’ISAF ne mentionnent pas d’incidents notables à Zanzibar sur la dernière décennie.

Peut-on faire du snorkeling en toute sécurité à Mnemba Atoll ?

Oui, c’est l’une des meilleures expériences de snorkeling en Afrique orientale. Les requins pointe-blanche du récif présents sur le site sont inoffensifs et habitués aux plongeurs. Choisissez un opérateur certifié et respectez les consignes de votre guide.

Quelle est la meilleure période pour visiter Zanzibar ?

La grande saison sèche (juin à octobre) et la petite saison sèche (décembre à février) offrent les meilleures conditions : météo stable, eaux calmes et claires, excellente visibilité pour la plongée. Évitez la grande mousson de mars à mai.

Comment organiser une sortie pour nager avec les requins-baleines ?

Les excursions partent de Mafia Island, accessible par avion depuis Dar es Salaam (45 min). Les sorties sont organisées entre octobre et mars par les lodges et centres PADI locaux. Comptez 100 à 150 € par personne. Réservez à l’avance en haute saison — les places sont limitées pour respecter les quotas de protection de l’espèce.

Conclusion : Zanzibar, une destination de baignade sûre et envoûtante

Après avoir tout lu, une chose doit être claire : la peur des requins à Zanzibar est largement disproportionnée par rapport à la réalité des risques. Cette île extraordinaire, avec ses plages de sable blanc, ses eaux turquoise et ses récifs coralliens exceptionnels, mérite bien mieux que d’être associée à une crainte infondée.

Les incidents de 2010-2011 ont existé, ils ont été graves, et ils ont eu une cause précise qui a été corrigée. Depuis, Zanzibar a retrouvé sa sérénité marine. Les espèces de requins que vous êtes susceptible de croiser lors d’un snorkeling à Mnemba Atoll sont des compagnons inoffensifs d’une beauté saisissante. Et si vous souhaitez aller plus loin, une escapade à Mafia Island pour nager aux côtés d’un requin-baleine restera probablement l’une des expériences les plus marquantes de votre vie de voyageur.

Zanzibar, c’est une invitation à se réconcilier avec l’océan, à dépasser ses peurs construites par le cinéma, et à découvrir un univers sous-marin d’une richesse incomparable. Préparez votre masque, votre tuba, et plongez. L’île des épices vous attend, et ses eaux sont accueillantes.

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